18.12.20

Découvrez la synthèse de notre indicateur hebdomadaire réalisé auprès de 1000 dirigeants de PME et ETI, en partenariat avec l'Entreprise DU FUTUR.

Malgré la crise sanitaire qui touche le monde depuis près d’un an, 65% des entreprises interrogées par notre enquête hebdomadaire n’ont pas constaté d’évolution concernant les délais de paiement de leurs clients. Les retards ou reports restent donc minoritaires pour la plupart des sociétés, qui ne sont que 18% à avoir mis en place des mesures particulières concernant les délais de paiement clients.

Michel Cheron, Directeur Général de Vivacy, a quant à lui refusé d’activer des leviers de financement pour traverser la pandémie. Dans un secteur médical relativement épargné par la crise sanitaire, il a préféré compter sur les moyens propres à l’entreprise pour traverser la crise, notamment en poursuivant la production même en période de confinement.

Les chiffres clés de l'indicateur hebdomadaire

- Semaine du 14 au 18 décembre 2020 -


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Découvrez l'interview de Michel Cheron, Président de Vivacy


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Créée en 2007, la société Vivacy est codétenue par Waldemar Kita et Michel Cheron. Spécialisée dans la fabrication et la distribution de gel injectable à base d’acide hyaluronique, ses produits s’adressent principalement à la médecine esthétique, mais aussi ophtalmologique, rhumatologique et gynécologique. Basée en France, avec notamment son site de production à Archamps (Haute-Savoie), le groupe possède plusieurs filiales à l’internationale, dont une installée à Hong Kong en janvier 2020.

Q : Votre entreprise fait partie du secteur médical : comment vivez-vous la crise sanitaire ?

Michel Cheron : Du fait de notre implantation à Hong Kong, nous avons pu anticiper certains aspects de la crise sanitaire. Même si nos sites de production sont déjà bien équipés en matière de respect des normes d’hygiène, nous avons accentué ces mesures dès fin janvier, afin de protéger nos collaborateurs. Grâce à cela, nous avons poursuivi la production même en période de confinement.

Les premiers effets de la crise se sont réellement fait sentir en février, lorsque l’Asie s’est retrouvée paralysée. L’Europe a rapidement suivi au mois de mars, nous privant de toute activité commerciale pendant deux mois. Nous nous sommes alors concentrés sur la préparation de la reprise, notamment en constituant des stocks suffisamment importants. Il a fallu rebâtir un budget, avec une estimation réalisée sur les quinze premiers jours du confinement en France. A ce moment-là, nous comptions sur une reprise d’activité deux mois plus tard ; nous n’étions pas si loin !

Vivacy réalise 80% de son chiffre d’affaires à l’export. Nous avons donc dû modifier nos pratiques commerciales en fonction de l’évolution de la pandémie à l’international.
Tout au long de cette période, nous avons tout fait pour garder le lien avec nos clients, qui sont principalement des médecins.

En organisant des webinars et des communications digitales pour remplacer les congrès et salons, notre objectif était de maintenir une relation de proximité avec eux. L’un de nos webinars a même rassemblé plus de 2000 médecins ! C’est en partie ce contact permanent avec clients et partenaires qui nous a permis de reprendre un bon niveau d’activité après le confinement.

Q : Avez-vous bénéficié des aides financières mises en place par le gouvernement ?

Michel Cheron : Bien que nous soyons éligibles au PGE, nous avons choisi de ne pas l’activer. Nous avons pu activer d’autres leviers internes pour traverser cette crise sans devoir emprunter de l’argent à l’Etat, même à taux zéro. Cet argent profitera certainement à d’autres entreprises avec plus de besoins que nous. En outre, je ne voulais pas que cet endettement nous pénalise dans notre capacité à obtenir un crédit pour de futurs investissements liés à notre développement. Nous avons en revanche bénéficié d’un report de paiement des charges sociales, ce qui ne représente pas de dette pour Vivacy.

Si nous avons pu nous passer du PGE, c’est aussi parce que le secteur médical a été relativement épargné, par rapport à d’autres domaines comme la restauration ou le tourisme. Grâce à toutes les précautions prises par les médecins, il y a eu peu de perte d’activité en dehors du confinement. Ils se sont adaptés, se sont organisés pour que tout se passe au mieux, ce qui nous a permis de tenir la barre économiquement parlant.

L’Europe s’en sort d’ailleurs mieux que les autres régions du monde, grâce aux différentes aides mises en place par les gouvernements. Nous ne savons pas combien de temps les états pourront maintenir ce soutien économique, mais je pense que les dettes emmagasinées par les différents Etats permettront à tous les secteurs de reprendre une activité « normale », et donc de les compenser à l’avenir.

Q : Quel est l’avenir envisagé pour Vivacy ?

Michel Cheron : Dans un marché toujours actif, avec une progression de 5 à 7% par an en temps normal, Vivacy prévoyait à l’origine de doubler sa taille en 3 ans. La crise de la Covid est passée par là, mais nous avons plusieurs raisons de penser que cet objectif peut toujours être réalisé.

Tout d’abord, la tendance de notre marché est au renforcement de la sécurité sanitaire des produits. Les régulations des normes européennes vont renforcer cet aspect, entraînant potentiellement la disparition de certains produits, qui nécessiteraient d’importants investissements pour se mettre en conformité. De notre côté, les produits proposés par Vivacy respectent déjà bon nombre de ces normes, et sont considérés comme des références. Nous sommes donc confiants sur ce sujet.

L’autre tendance que nous observons est en lien direct avec les deux confinements que nous avons traversés. Pendant ces périodes, beaucoup se sont essayés au télétravail et aux réunions à distance. Plus de temps chez soi, une vision directe de son visage en vidéo, mais pas de soins accessibles pendant deux longs mois : certaines personnes ont commencé à se tourner vers la médecine esthétique. Nous constatons l’arrivée d’une population plus jeune, avec des exigences différentes. Il ne s’agit plus seulement de gommer quelques rides, mais de se rapprocher de modèles visibles sur les réseaux sociaux par exemple.

Grâce à ces deux aspects, l’année 2020 a été relativement bonne. Malgré l’incertitude liée à l’évolution de la pandémie, notre stratégie est toujours tournée vers la diversification de notre offre, mais aussi vers les investissements, notamment en matière de production et de R&D. Ainsi, nous espérons reprendre une activité normale au cours de l’année à venir, voire même reprendre notre croissance là où nous l’avions laissée avant la crise. L’enjeu pour nos équipes sera bien ce passage de 2019 à 2021, en mettant de côté 2020. C’est vers cet objectif qu’il faut tendre, et nous ferons tout pour y arriver !