19.03.26
La Réforme de la Facturation Électronique (RFE) arrive à grands pas pour les entreprises françaises. Dès septembre 2026, les grandes entreprises et ETI devront être en mesure d’émettre des factures électroniques conformes à la réglementation. Les PME et micro-entreprises auront jusqu’en septembre 2027 pour s’y conformer.
Cependant, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, devront être capables de recevoir des factures électroniques dès septembre 2026 via une plateforme agréée (anciennement PDP).
Cette réforme repose sur deux piliers indissociables :
- L’e-invoicing : l’émission, la transmission et la réception de factures électroniques entre entreprises ;
- L’e-reporting : la transmission de données de transaction à l’administration fiscale pour les opérations non couvertes par l’e-invoicing.
Cette transition représente à la fois un défi et une opportunité pour votre entreprise d’optimiser vos processus, de réduire vos coûts et de renforcer votre conformité fiscale.
Dans cet article, nos consultants implid en finance et dématérialisation vous expliquent la différence entre e-invoicing et e-reporting, les avantages pour votre entreprise et les étapes clés pour mener à bien votre projet de mise en conformité.
E-invoicing et E-reporting : quelles différences ?
L’e-invoicing : la facturation électronique entre entreprises
L’e-invoicing désigne l’échange dématérialisé de factures entre entreprises dans un format numérique structuré. Contrairement à une facture papier ou un simple PDF, une facture électronique doit respecter des normes légales strictes définies par l’administration fiscale (comme Factur-X, UBL ou CII) pour garantir son intégrité et sa traçabilité.
Avec l’e-invoicing, les entreprises ont l’obligation d’émettre, de transmettre et de recevoir leurs factures électroniques via une plateforme agréée. Ces plateformes garantissent la sécurité des échanges (chiffrement, authentification), l’intégrité des documents (pas de modification possible après émission) et la stricte conformité fiscale (archivage légal, traçabilité).
L’objectif de l’Etat est de lutter contre la fraude à la TVA, de moderniser les processus administratifs et d’améliorer la transparence des transactions interentreprises.
La mise en œuvre de l’e-invoicing suit un calendrier précis :
- 1er septembre 2026 :
- Obligation de réception pour toutes les entreprises ;
- Obligation d’émission pour les grandes entreprises et les ETI ;
- 1er septembre 2027 : obligation d’émission pour les PME et micro-entreprises.
L’e-reporting : la transmission des données à l’administration fiscale
Le e-reporting correspond à l’obligation pour les entreprises de transmettre certaines données de transaction à l’administration fiscale sous format électronique par l’intermédiaire d’une plateforme agréée (PA, ex PDP).
Contrairement à l’e-invoicing, qui concerne l’émission et la réception de factures électroniques entre entreprises, il s’agit uniquement de la remontée d’informations comptables et fiscales à l’État par l’entreprise qui réalise l’opération.
L’e-reporting couvre toutes les opérations non soumises à l’e-invoicing, notamment :
- Les ventes B2C (entreprises vers particuliers) ;
- Les opérations à l’international (exportations, importations, prestations de services) ;
- Certains encaissements spécifiques comme les paiements en espèces ou via des plateformes digitales.
L’e-reporting vise à renforcer la lutte contre la fraude à la TVA, à améliorer la transparence des échanges et à simplifier les déclarations fiscales des entreprises.
Toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité, sont concernées par l’e-reporting. Le déploiement du e-reporting correspond au calendrier d’émission des factures électroniques.
Quels sont les avantages de la facturation électronique pour les entreprises ?
Au-delà de la contrainte réglementaire, la réforme de la Facturation Électronique offre des bénéfices concrets pour votre entreprise :
Réduction des coûts et gain de temps
- Automatisation des processus : fin des saisies manuelles, réduction des erreurs et des litiges ;
- Diminution des coûts liés au traitement des factures : impression, envoi postal, archivage physique des factures, etc.
- Meilleure gestion de la trésorerie : suivi en temps réel des paiements et des relances, fluidification de la gestion du cycle client et fournisseur ;
- Gain de temps pour les équipes qui peuvent se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Conformité fiscale et sécurité renforcées
- Traçabilité totale des factures : pas de risque de perte ou de falsification ;
- Archivage légal simplifié : les factures électroniques doivent être conservées pendant 10 ans ;
- Réduction des risques de fraude grâce à des formats standardisés et sécurisés.
Optimisation des processus métiers
- Intégration avec les outils existants (ERP, logiciels de comptabilité, CRM) ;
- Meilleure collaboration avec les fournisseurs et les clients grâce à des échanges standardisés ;
- Opportunité de modernisation : la réforme peut servir de levier pour digitaliser d’autres processus (gestion des commandes, contrats, etc.).
Cette réforme s’impose donc comme un accélérateur incontournable de votre transformation numérique.
Parce que chaque entreprise possède son écosystème et ses propres enjeux, implid vous accompagne dans la réussite de votre transition vers la facturation électronique.
Les 5 étapes clés pour mener à bien votre projet de mise en conformité à l’e-invoicing et l’e-reporting
Anticiper l’e-invoicing et l’e-reporting exige une méthode rigoureuse. Voici la feuille de route recommandée par nos experts :
Etape 1 : Réalisez une analyse d'impacts pour votre organisation
Afin d’anticiper au mieux les évolutions impliquées par la mise en conformité avec la facturation électronique, la première étape consiste à effectuer une analyse d’impacts pour identifier les écarts entre vos pratiques actuelles et les exigences légales. Cela vous permettra de définir un plan d’actions sur mesure pour votre entreprise.
Cette analyse se décline en 3 phases essentielles :
- Cartographier vos flux, données et cas d'usages métier spécifiques à votre organisation : cet audit rigoureux de vos bases est indispensable pour identifier les informations manquantes ou erronées (SIRET, numéros de TVA, adresses postales, etc.) qui pourraient bloquer vos flux d'e-invoicing et pour recenser l'ensemble de vos "cas d'usage" spécifiques (factures avec acompte, affacturage, facturation à un tiers, etc.) afin qu'ils soient correctement traduits dans vos futurs outils.
- Analyser vos processus, outils et fonctionnement en matière de facturation : cette étape révèle les impacts concrets sur le quotidien de vos équipes opérationnelles (droits pour créer un nouveau compte client, vérification automatique du numéro de SIRET, déclenchement des paiements, etc.).
- Etablir le plan d’actions pour faire évoluer votre organisation et vos systèmes : ces constats doivent être traduits en un plan d’actions priorisé pour adapter votre infrastructure IT (mise à jour de l'ERP, création de connecteurs), revoir vos workflows de validation (qui fait quoi, à quel moment) et, surtout, sensibiliser vos collaborateurs en amont.
Etape 2 : Nettoyez et enrichissez vos données
La facturation électronique ne se résume pas au seul mode de transmission de vos factures, elle exige une conformité absolue de la donnée. Cela impacte donc les données de facturation que vous aurez à collecter et fournir qui peuvent être classées selon 2 catégories :
- Les données « socles » qui sont attendues sur tout type de facture ;
- Les données additionnelles à fournir en fonction des cas d’usages présents dans vos modes de facturation.
Attention : une donnée manquante sur une facture entrainera un rejet technique de la part de votre de votre plateforme agréée en émission ou de celle de votre client en réception. Cela pourrait donc impacter votre cycle de facturation au démarrage de la réforme.
Au-delà d’une donnée manquante, il est important de s’assurer de la qualité des données saisies dans vos outils. On constate parfois que certains champs disponibles à la saisie ont un usage détourné au quotidien de celui initialement attendu (ex : renseigner 123456 pour passer outre un blocage dans l’outil ou encore un numéro de devis renseigné à la place d’une référence de commande).
Etape 3 : Adaptez vos pratiques métiers et vos outils
La mise en conformité avec la facturation électronique impacte également les processus métiers au sein de votre entreprise. Il vous faudra les adapter tant sur le traitement des factures fournisseurs, que sur la facturation à destination de vos clients :
- Réception des factures fournisseurs : circuit de validation, alertes pour les factures rejetées par les plateformes agréées, etc.
- Emission des factures : révision des process pour qu’ils intègrent toutes les données obligatoires, transmission des statuts aux plateformes agréées, etc.
Vos outils devront également avoir la capacité d’alimenter les factures avec les champs attendus dans le cadre de la réforme. Il faudra donc les intégrer dans vos différentes interfaces.
En parallèle, vous devrez interfacer vos outils de votre facturation à la plateforme agréée, idéalement en respectant les standards RFE pour éviter un retraitement des données au sein de la PA.
Etape 4 : Sélectionnez la plateforme agréée adaptée à vos besoins
Une fois ces étapes réalisées, vous allez pouvoir consulter le marché pour sélectionner votre plateforme agréée et certifiée par l’AIFE (Agence pour l’Informatique Financière de l’État). Votre cahier des charges devra récapituler l’ensemble de vos besoins, vos spécificités métiers, les différents cas d’usages identifiés, les systèmes d’informations et les processus métiers en place.
Pour garantir un choix objectif entre les différents éditeurs de solution, il est nécessaire de s'appuyer sur une grille d’évaluation technique et financière précise (capacités d'intégration, ergonomie, coûts, gestion des flux e-reporting, support, etc.). Ce processus s'accompagne de soutenances et de démonstrations avec les éditeurs présélectionnés.
Etape 5 : Déployez la plateforme
Une fois la solution identifiée et la contractualisation faite avec l’éditeur, la phase de déploiement pourra s’engager selon un plan d’actions précis :
- Phase de test sur un échantillon de factures pour identifier les éventuels problèmes et vérifier l’intégration avec vos outils (ERP, logiciels de comptabilité) ;
- Définition de votre niveau d’assistance à mettre en place au moment du déploiement pour assurer la continuité de vos activités de facturation ;
- Déploiement selon un calendrier réaliste (ex : déploiement progressif par service).
Ce déploiement impactera nécessairement vos équipes et leurs gestes métiers. Il vous faudra accompagner le changement auprès de vos collaborateurs (diffusion d’informations, formations outils et processus, mise en avant des bénéfices, etc.) pour garantir l'adoption des nouvelles pratiques et assurer la continuité de votre facturation.
👉 La réforme de la facturation électronique ne se résume pas à l'activation d'un logiciel. Elle impactera nécessairement les gestes métiers, votre organisation et vos systèmes d’informations. Cela implique une préparation rigoureuse et adaptée à votre environnement et vos objectifs.
Pour ne pas subir les goulots d'étranglement à l'approche des échéances légales (et éviter les sanctions financières), ce projet doit être anticipé dès aujourd'hui. Prendre le temps de structurer votre démarche permet non seulement de choisir la plateforme adéquate, mais aussi de tirer pleinement parti des gains de productivité offerts par l'e-invoicing et l'e-reporting.
Les experts implid vous accompagnent dans votre transition vers la facturation électronique.
Nos experts vous aident à analyser l’impact de la réforme sur votre organisation, accompagner le nettoyage et l’enrichissement de vos données pour garantir leur conformité, choisir la plateforme agréée adaptée à vos besoins, déployer la solution et former vos équipes.
FAQ
- Quelles sont les différences entre e-invoicing et e-reporting ?
-
L’e-invoicing concerne l’émission, la transmission et la réception des factures électroniques entre entreprises.
L’e-reporting consiste à transmettre à l’administration fiscale les données des transactions non couvertes par l’e-invoicing (B2C, international…). - Quel est le calendrier de mise en œuvre de la réforme de la facturation électronique ?
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- 1er septembre 2026 :
- Toutes les entreprises doivent être capables de recevoir des factures électroniques.
- Les grandes entreprises et ETI doivent émettre des factures électroniques.
- 1er septembre 2027 : les PME et micro-entreprises devront également émettre des factures électroniques.
- 1er septembre 2026 :
- Comment choisir une plateforme de facturation électronique ?
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Le choix d'une Plateforme Agréée (ex PDP) ou d'un opérateur de dématérialisation doit s'aligner sur vos objectifs : simple conformité réglementaire ou refonte globale de vos processus (automatisation comptable, workflows de validation). implid vous accompagne dans la rédaction de votre cahier des charges et la sélection de la solution la plus compatible avec vos outils internes et vos besoins métiers.
- Quel est le format de facture à respecter et quelles sont les mentions obligatoires ?
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La réforme impose aux entreprises de respecter des formats de facture normalisés. Il ne sera plus possible d’échanger des factures au format papier ou en PDF avec vos fournisseurs et vos clients.
Avec la réforme de la facturation électronique, de nouvelles mentions obligatoires devront figurer sur les factures (SIREN, date de la transaction, numéro de facture, devise, etc.). Les factures non conformes seront rejetées et ne pourront pas être transmises aux clients.