09.10.23
(mis à jour le 03.02.26)
Chaque employeur est responsable de l'organisation des congés payés de ses collaborateurs. Concrètement, comment calculer le nombre de jours de congés payés de vos salariés ? Que se passe-t-il en cas d'arrêt de travail ? Quelle est la période d'acquisition sur laquelle se référer ?...
Découvrez dans cet article les 7 questions essentielles à vous poser concernant le calcul des congés payés de vos salariés décryptées par nos gestionnaires de paie.
1. À combien de jours de congés payés a droit un salarié ?
Tout salarié a droit à 2,5 jours ouvrables de congés payés (ou 2,08 jours ouvrés) par mois de « travail effectif » durant la période de référence. Un salarié qui travaille sur l’intégralité de la période annuelle de référence obtient ainsi 30 jours ouvrables de congés payés (ou 25 jours ouvrés).
L’ouverture du droit à congé n’est pas subordonnée à une condition minimale d’activité. Si le salarié travaille moins d’un mois, le congé sera calculé au prorata temporis.
💡 Bon à savoir : Un salarié à temps partiel acquiert le même nombre de jours de congés qu’un salarié à temps plein.
2. Que se passe-t-il en cas d'arrêt de travail ?
Acquisition de congés pendant l'arrêt maladie
Depuis la loi du 22 avril 2024, tout salarié en arrêt maladie (origine professionnelle ou non) continue d'acquérir des droits à congés payés pendant son absence.
Pour les arrêts d'origine non professionnelle, le salarié acquiert 2 jours de congés par mois d'absence (L 3141-5 Code du travail), dans la limite de 24 jours par an, sauf si la convention collective prévoit des dispositions plus avantageuses.
Par ailleurs, les congés non pris avant l'arrêt de travail peuvent être reportés (L 3141-19-1 Code du travail). Le salarié dispose d'un délai de 15 mois pour les prendre après sa reprise, à condition d'avoir été formellement informé de ses droits au moment de son retour.
Pour les arrêts d'origine professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle), le salarié cumule l'intégralité de ses congés payés, soit 2,5 jours ouvrables par mois. La limite d'un an qui s'appliquait auparavant a été supprimée.
Suspension des congés en cas de maladie
L’arrêt de la Cour de cassation du 10 septembre 2025 impose qu'un arrêt maladie survenant pendant des congés suspend leur décompte. Les jours concernés restent acquis et doivent être repositionnés ultérieurement. Le salarié doit vous informer sous 2 jours pour bénéficier d'un éventuel maintien de rémunération.
⚠️ Attention : cette jurisprudence ouvre un droit auquel les salariés pourraient rétroactivement prétendre au titre des trois dernières années (art. L 3245-1 Code du travail). Vos salariés pourraient réclamer la restitution des jours de congés déduits depuis 2022.
👉 Pour en savoir plus, consultez notre article sur les règles des congés payés en 2025.
3. Quelle est la période d'acquisition de ces congés ?
La durée du droit à congés payés acquis par le salarié dépend de son temps de travail effectif sur une période déterminée. Cette période d’acquisition des congés payés est appelée « période de référence ».
La période de référence d’acquisition des congés est fixée du 1er juin de l’année précédente au 31 mai de l’année en cours.
Cependant, un accord collectif d’entreprise ou de branche peut prévoir une période différente.
4. Quand le salarié doit-il prendre ses congés ?
La période d’acquisition des congés est différente de la période de prise de congés. Cette dernière doit être portée à la connaissance des salariés au moins 2 mois avant l’ouverture de cette période.
C’est l’employeur qui fixe la période de prise de congés payés :
- Elle doit comprendre obligatoirement la période du 1er mai au 31 octobre de chaque année.
- Elle peut s’étendre sur une période plus longue, voir sur l’année entière.
- Elle peut correspondre à la période de fermeture de l’entreprise.
💡 Bon à savoir : L’employeur ne peut imposer la prise d’un congé de plus de 24 jours ouvrables en une seule fois.
Le congé principal
L’employeur doit accorder à chaque salarié au moins 12 jours ouvrables consécutifs (ou 10 jours ouvrés) compris entre 2 jours de repos hebdomadaire.
Au-delà de 12 jours ouvrables, le congé peut être pris en plusieurs fois avec l’accord du salarié.
Dans le cas où ce congé est pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre et sauf renonciation expresse de la part du salarié, il ouvre droit à des jours de congés supplémentaires pour fractionnement.
La 5ème semaine de congés payés
Cette 5ème semaine de congés payé peut être fractionnée :
- Elle peut être prise pendant toute la période de congés fixée par l’employeur (donc en dehors de la période légale du 1er mai au 31 octobre).
- Cela n’ouvre pas droit à des jours supplémentaires pour fractionnement.
👉 Nos gestionnaires de paie, vous accompagnent dans la gestion des congés payés.
5. Comment l'ordre des départs en congés est-il fixé ?
L’employeur doit définir l’ordre et les dates de départ en respectant les critères énumérés par la convention collective et le code du travail : situation familiale, ancienneté, activité chez un autre employeur, etc.
L’ordre des départs fixé est communiqué par tout moyen, à chaque salarié, un mois avant son départ.
Les dates de congés ne peuvent être modifiées moins d’un mois avant la date de départ, sauf circonstances exceptionnelles (pandémie, graves difficultés financières, nécessité de remplacer un salarié, etc.).
6. Le salarié peut-il prendre ses congés dès l'embauche ?
Il est possible de prendre des congés avant la fin de la période d’acquisition. Les congés peuvent ainsi être pris dès l’embauche, sous réserve d’avoir acquis des droits à ce titre et d’obtenir l’accord de l’employeur.
7. Le salarié peut-il reporter ses jours de congés ?
Si l’octroi au salarié des congés qu’il a acquis constitue une obligation pour l’employeur, le salarié a quant à lui l’obligation de prendre ses congés :
- Les congés payés acquis doivent être pris chaque année.
- Ils ne sont donc, en principe, pas reportables.
- Les congés non pris par les salariés sont en principe perdus.
Sauf exceptions légales, jurisprudentielles ou conventionnelles (exemples : absence pour maladie, accident ou maternité), ni l’employeur, ni le salarié ne peuvent exiger le report de tout ou partie des congés sur l’année suivante.
Toutefois un tel report est possible par accord écrit entre les parties.
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