31.12.19

Alors que Blablacar s’est diversifié dans l’autocar longue distance avec le rachat cette année de Ouibus (renommé Blablabus) et a entamé la conquête de l’Allemagne, la maison mère allemande de Flixbus, Flixmobility, contre-attaque. Elle fait le chemin inverse en créant une offre de covoiturage. Dénommée Flixcar, celle-ci a été lancée en décembre 2019, juste avant les fêtes de fin d’année. Selon le directeur général France de Flixbus, Yves Lefranc-Morin, interrogé par 20 Minutes, le timing du lancement de l’offre n’est toutefois pas lié aux grèves de la SNCF, même s’il reconnaissait « un assez bon alignement des planètes ».

Flixcar vient se positionner sur un marché aujourd’hui très largement trusté par le leader Blablacar et donc sur lequel il est difficile de s’imposer. Sur ce type d’activités collaboratives, les plates-formes doivent, en effet, profiter d’un double effet de réseau, côté offre et côté demande, pour grandir. Il est donc plus compliqué pour les nouveaux acteurs de tirer leur épingle du jeu, encore plus quand un leader est déjà bien installé.

Mais Flixcar mise sur un argument de poids : la gratuité. Blablacar prélève, en effet, des frais de service sur chaque trajet (en plus du paiement du trajet entre les utilisateurs), pour couvrir ses frais de fonctionnement, ses investissements, etc. Au contraire, Flixcar ne prélève pas de commission sur les trajets. À ce sujet, l’entreprise a déclaré disposer de la puissance financière nécessaire pour ne pas avoir à prélever de frais. L’idée, pour le groupe Flixmobility, est en fait de capitaliser sur la complémentarité entre le covoiturage et l’autocar longue distance. L’utilisateur pourra se voir proposer une ligne d’autocar similaire si son trajet n’est pas disponible en covoiturage à la date voulue (ce qui est, pour l’instant, souvent le cas puisque la communauté d’utilisateurs est réduite) et vice versa.

Autre atout de Flixcar : la marque Flixbus est déjà bien connue en France, notamment auprès de la clientèle visée, et sa clientèle est déjà très développée.

Les Échos Études